Par Cédric Dossou Yovo
Le DPE collectif est obligatoire depuis le 1er janvier 2026 pour toutes les copropriétés d'habitation dont le permis de construire est antérieur à 2013, quelle que soit leur taille. Il coûte entre 1 000 et 5 000 € selon l'immeuble et s'accompagne du nouveau facteur de conversion de l'électricité, passé de 2,3 à 1,9, qui fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique sans travaux.
L'essentiel en 30 secondes Depuis le 1er janvier 2026, toutes les copropriétés à usage principal d'habitation dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 2013 doivent disposer d'un DPE collectif, y compris celles d'au maximum 50 lots (l'obligation s'appliquera en 2028 en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte). En parallèle, le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9, ce qui fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique sans un seul chantier. Tu vas apprendre en 12 minutes à lire un DPE collectif, à t'en servir en estimation, à le transformer en levier de prospection syndic, et à monter deux automatisations IA pour ne plus jamais découvrir un immeuble classé F la veille du compromis.
« Mon appartement est passé de G à F et je n'ai rien fait »
Un F3 de 62 m² au troisième étage d'un immeuble des années 1970, convecteurs électriques d'origine, un balcon plein sud. Le propriétaire a posé son ancien DPE sur la table basse : étiquette G. Puis il sort son téléphone et montre une attestation téléchargée la semaine précédente : étiquette F. Même logement, mêmes fenêtres, même chauffage. Sa question tient en une phrase : « Ça vaut combien de plus, du coup ? »
La bonne réponse n'est pas dans son lot. Elle est dans l'immeuble. Depuis janvier 2026, sa copropriété de 24 lots doit disposer d'un DPE collectif, et ce document dit des choses que son diagnostic individuel ne dira jamais : l'état de l'enveloppe, la performance des parties communes, l'ampleur des travaux qui arrivent. Un acquéreur informé posera la question avant de signer. Si tu ne l'as pas anticipée, tu la prends en pleine face au moment le plus coûteux, celui où la vente est déjà engagée.
Avant, je regardais l'étiquette du lot et je passais à autre chose. Maintenant je demande le DPE collectif avant même de signer le mandat. Deux fois cette année, ça m'a évité de partir sur un prix que l'immeuble ne tenait pas.
DPE collectif 2026 : ce qui a changé au 1er janvier
Le DPE collectif, c'est un diagnostic de performance énergétique réalisé à l'échelle de l'immeuble entier et non d'un seul appartement. Il évalue l'enveloppe du bâtiment (murs, toiture, menuiseries), les équipements collectifs de chauffage et d'eau chaude, et la ventilation. Il est voté en assemblée générale, payé par la copropriété, puis annexé aux documents remis à l'acquéreur.
Le calendrier échelonné 2024-2026 : toutes les copros concernées
L'obligation n'est pas tombée d'un coup. Elle s'est déployée par paliers, du plus gros immeuble au plus petit :
- 1er janvier 2024 : immeubles en monopropriété et copropriétés de plus de 200 lots - 1er janvier 2025 : copropriétés comportant entre 50 et 200 lots - 1er janvier 2026 : copropriétés d'au maximum 50 lots, soit la très grande majorité du parc - 1er janvier 2028 : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte
C'est ce dernier palier qui change ton quotidien. Les petites copropriétés de 8, 12 ou 20 lots représentent l'essentiel des immeubles que tu vends en centre-ville. Jusqu'ici, elles passaient sous le radar. Depuis janvier 2026, elles doivent toutes avoir leur DPE collectif en métropole, et beaucoup ne l'ont pas encore fait voter.
Le réflexe qui change tout Au moment de la prise de mandat, demande systématiquement au vendeur trois documents : le DPE individuel du lot, le DPE collectif de l'immeuble, et le dernier procès-verbal d'assemblée générale. Si le DPE collectif n'existe pas, tu le sais avant de fixer le prix, pas trois semaines après.
Oui. Depuis le 1er janvier 2026, toutes les copropriétés à usage principal d'habitation dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 2013 doivent disposer d'un DPE collectif, quelle que soit leur taille. L'obligation s'est déployée par paliers : monopropriétés et copropriétés de plus de 200 lots au 1er janvier 2024, copropriétés de 50 à 200 lots au 1er janvier 2025, copropriétés d'au maximum 50 lots au 1er janvier 2026. En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte, l'obligation s'appliquera au 1er janvier 2028.
Selon l'ADEME, chiffre repris par la fiche officielle service-public.gouv.fr, le prix d'un DPE collectif se situe entre 1 000 et 5 000 €. Il dépend de la taille de la copropriété, du nombre de lots, de la localisation, des caractéristiques du bâtiment et du système de chauffage. Les tarifs ne sont pas réglementés, donc le conseil syndical a tout intérêt à demander au moins trois devis. Aucune aide financière ne finance le DPE collectif réalisé au titre de l'obligation.
Le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, en application de l'arrêté du 13 août 2025. À consommation identique, un logement chauffé à l'électricité affiche donc une consommation en énergie primaire plus faible et peut gagner une étiquette. Le ministère de la Transition écologique estime qu'environ 850 000 logements sortent ainsi du statut de passoire énergétique. Aucun logement ne voit son étiquette se dégrader du fait de ce changement.
Le DPE collectif évalue la performance énergétique de l'immeuble entier : enveloppe du bâtiment, parties communes, chauffage et eau chaude collectifs. Il est voté en assemblée générale et payé par le syndicat des copropriétaires. Le DPE individuel porte sur un seul lot, il est commandé et payé par le propriétaire, et reste obligatoire dans l'annonce et dans l'acte de vente. Le collectif ne remplace pas l'individuel, il l'éclaire.
Sur un logement chauffé à l'électricité disposant d'un DPE réalisé avant 2026, il suffit de télécharger gratuitement l'attestation officielle de nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, en saisissant le numéro du DPE existant. Aucune nouvelle visite de diagnostiqueur n'est nécessaire et la durée de validité du diagnostic initial reste inchangée.
Non. L'obligation vise les copropriétés dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. C'est bien la date du permis qui compte, pas celle de la livraison : un immeuble dont le permis date de 2011 mais livré en 2014 est concerné par l'obligation.