Par Cédric Dossou Yovo
La Google Solar API estime à distance le potentiel solaire d'une toiture à partir d'imagerie aérienne et de modèles d'élévation : surface exploitable par segment, orientation, ensoleillement annuel ombres portées comprises, configurations de panneaux simulées, et depuis mai 2026 détection des installations déjà présentes. La France fait partie des zones passées en qualité de données HIGH lors du rafraîchissement du 8 mai 2026. La restriction européenne du 8 juillet 2025 ne retire que trois champs d'adresse et laisse les données solaires intactes. Point essentiel : cette estimation ne remplace pas un DPE. Elle mesure ce qui arrive sur le toit, pas la performance énergétique du logement, et aucune corrélation ne permet de déduire l'une de l'autre.
Ce que tu vas apprendre en 10 min Depuis la réforme DPE 2026, les acheteurs te posent des questions sur l'énergie auxquelles tu ne sais pas répondre. Voici comment y répondre en 30 secondes. Tu vas apprendre à savoir, avant même de te déplacer, si la toiture d'un bien a un vrai potentiel solaire, c'est-à-dire la capacité d'un toit à produire de l'électricité grâce au soleil : surface exploitable, orientation, ensoleillement annuel, et depuis mai 2026, détection des panneaux déjà installés. Tu vas surtout comprendre la limite que personne ne dit : ça ne remplace pas un DPE (Diagnostic de Performance Énergétique, la note de A à G qui mesure la consommation d'énergie d'un logement), et le confondre avec un diagnostic est la meilleure façon de se mettre en tort.
La question à 15 000 euros que personne ne sait trancher en rendez-vous
Estimation d'une maison des années 80, DPE en E. Le propriétaire pose la question classique : est-ce que ça vaut le coup de mettre des panneaux avant de vendre. L'agent répond ce que tout le monde répond, c'est-à-dire ça dépend, il faudrait faire venir quelqu'un.
Le devis arrive trois semaines plus tard. Entre-temps, le vendeur a pris sa décision tout seul, souvent la mauvaise, et parfois avec un autre agent. Ce délai est absurde : la donnée qui permet de dégrossir la question existe, elle est publique, et elle répond en quelques secondes.
Ce que la Solar API de Google calcule réellement
Chaque agent connaît ce moment de flottement : un vendeur demande si son toit vaut le coup pour du solaire, et personne dans l'équipe n'a de réponse à donner sur-le-champ. La Solar API de Google, c'est-à-dire un outil en ligne que tu interroges pour obtenir des données sur une adresse (ici, sur une toiture), comble exactement ce trou. Google exploite ses images aériennes haute résolution et ses modèles d'élévation pour reconstruire la géométrie 3D d'un toit, puis simuler la quantité de lumière que reçoit le toit sur l'année (le flux solaire), en tenant compte des ombres portées par les arbres et les bâtiments voisins. Le service couvre, selon la documentation officielle, des centaines de millions de bâtiments dans le monde.
- La surface de toit exploitable en mètres carrés, découpée par segments. - L'orientation et l'inclinaison de chaque pan, ce qui conditionne tout le reste. - L'ensoleillement annuel reçu, exprimé en heures de soleil utiles, en tenant compte du facteur d'ombrage (le pourcentage du toit qui reste à l'ombre dans la journée). - Des configurations d'installation simulées, avec le nombre de panneaux possible et la production annuelle estimée pour chacune. - Les panneaux déjà présents sur la toiture, via la fonction Detected Arrays passée en disponibilité générale le 11 mai 2026.
Les deux nouveautés de mai 2026 que personne n'a relayées en France Le 8 mai 2026, Google a publié une extension mondiale accompagnée d'un rafraîchissement de données, et la France figure explicitement parmi les zones passées en qualité HIGH. Trois jours plus tard, le 11 mai, la détection des installations existantes est passée en disponibilité générale. Concrètement : les données françaises sont plus précises qu'il y a un an, et tu peux savoir si un toit est déjà équipé avant d'appeler le vendeur.
8 mai 2026 — Date de l'extension mondiale et du rafraîchissement de données Solar API, avec la France listée parmi les zones en qualité HIGH. — Google Solar API, notes de version du 8 mai 2026
La restriction européenne de juillet 2025, et ce qu'elle ne change pas
Tu as peut-être entendu dire que la Solar API ne marchait plus en Europe depuis 2025, et ça t'a peut-être fait douter de tout ce guide. Voici ce qu'il en est vraiment. Depuis le 8 juillet 2025, pour les comptes de facturation situés dans l'Espace Économique Européen (les pays de l'UE + Norvège, Islande, Liechtenstein), trois champs ne sont plus renvoyés par la requête Building Insights de la Solar API : le code postal, la zone administrative et le code de région. C'est une restriction réelle, documentée par Google, et elle a nourri pas mal de raccourcis du type la Solar API ne marche plus en Europe.
C'est faux. Ce qui a disparu, ce sont trois champs d'adressage. Toute la donnée qui t'intéresse en tant qu'agent, c'est-à-dire la géométrie du toit, la surface exploitable, l'ensoleillement annuel et les configurations d'installation, continue d'être renvoyée normalement. Tu interroges de toute façon avec des coordonnées géographiques, pas avec une adresse postale : tu sais déjà où se trouve le bien.
Oui, et mieux qu'avant. Les notes de version du 8 mai 2026 documentent une extension mondiale accompagnée d'un rafraîchissement de données, dans laquelle la France figure explicitement parmi les zones en qualité de données HIGH. La confusion vient de la notice européenne du 8 juillet 2025 : pour les comptes de facturation situés dans l'Espace Économique Européen (les pays de l'UE + Norvège, Islande, Liechtenstein), trois champs d'adresse ne sont plus renvoyés par la requête Building Insights, à savoir le code postal, la zone administrative et le code de région. Les données de potentiel solaire, elles, sont intactes. Comme tu interroges l'API avec des coordonnées géographiques, cette restriction n'a aucun impact pratique sur ton usage.
Non, jamais, et c'est le point le plus important de cet article. La Solar API modélise l'ensoleillement reçu par une toiture. Le DPE évalue la performance énergétique du logement : isolation, chauffage, ventilation, eau chaude sanitaire, menuiseries. Une maison plein sud parfaitement exposée peut être classée G si elle est mal isolée. Il n'existe aucune corrélation permettant de déduire l'un de l'autre. Laisser entendre sur une fiche de bien qu'un fort potentiel solaire signifie une bonne performance énergétique est une approximation qui peut se retourner contre toi juridiquement.
Depuis le 1er mars 2025, Google Maps Platform a remplacé l'ancien crédit mensuel de 200 dollars par un système gratuit jusqu'à un certain volume, payant au-delà, avec des seuils calculés par outil et des paliers qui varient selon les catégories de produits, Essentials, Pro ou Enterprise. La Solar API se situe dans les catégories les plus coûteuses de la plateforme, ce qui rend le suivi de consommation important. Pour un usage d'agence classique, quelques dizaines de requêtes par mois sur les biens de ton portefeuille, tu restes sous les seuils. En revanche, une automatisation qui interroge cet outil à chaque annonce publiée change complètement l'ordre de grandeur : configure une alerte de facturation avant de mettre ça en production.
Oui, depuis le 11 mai 2026. La fonctionnalité Detected Arrays est passée en disponibilité générale à cette date et s'active via un paramètre additionnel de la requête. Elle identifie les installations photovoltaïques visibles sur l'imagerie aérienne. L'usage est immédiat pour un agent : savoir avant d'appeler qu'un bien est déjà équipé évite une question maladroite en rendez-vous, et permet d'aborder le sujet sous l'angle de la production existante plutôt que du projet à venir. À vérifier visuellement quand même, l'imagerie n'est pas mise à jour partout à la même fréquence.
Pas pour un usage ponctuel. Une requête sur Building Insights avec des coordonnées peut être faite depuis n'importe quel client HTTP ou depuis un outil d'automatisation sans code de type Make ou n8n. Ce que ça demande, c'est une clé d'API Google Cloud et dix minutes de configuration initiale. En revanche, si tu veux industrialiser le calcul sur tout ton portefeuille et l'injecter automatiquement dans tes fiches ou ton logiciel de transaction, là oui, il faut un accompagnement technique, ne serait-ce que pour maîtriser la consommation et donc la facture.